Qui sont elles

Jusqu’à maintenant, toutes les femmes rencontrées sans exception, ont subi des violences et des situations extrêmement compliqués jusqu’à leur arrivée à Poitiers. Et cela ne s’améliore pas avec le temps qui passe.

« J’ai déjà été violée, je suis excisée, pourquoi ne pas gagner de l’argent avec ma chatte ?! »

La plupart sont entretenue dans leurs croyances de « magie vaudou » et de « dette », héritée de leurs cultures.

« Quelques notion culturelles sont indispensable à connaitre pour comprendre au mieux et sans jugement, la situation de ces jeunes femmes qui entreprennent le parcours migratoire depuis leur pays jusqu’en France. Il faut, entre autres aspects de la civilisation nigériane, prendre en considération 3 points : une situation géographique et familiale, une grande précarité et une croyance.

Le projet migratoire est lié aux violences familiales, les décès (celui du père ou de la mère), l’inceste qui ostracise la victime de la famille, les mariages forcés, l’excision illégale mais souvent pratiquée dans l’état d’EDO, le célibat des mères, les sociétés secrètes, ou tous simplement la recherche d’une sœur . 

Ces jeunes femmes appartiennent essentiellement à deux ethnies, les BINI et les ESAN. Elles viennent en général de l’état d’EDO et du delta. 2 états créés en Août 1991 et situés au sud-est du nigéria, le long du golf de guinée. Les 3 principales villes concernées par cette question sont : Bénin-City, Warri et Agbor ou Ominiye, ainsi que les villages autour de ces trois villes. »

Conférence des amis des femmes du Bus, Paris au théâtre 104, le 02 février 2016.

 

Témoignage de quelques femmes que nous accompagnons :

©Jean François Fort

« Le féticheur m’a demandé de répété après lui: je vais en Europe et je dois payer 60 000€, si je refuse de rembourser, je mourrais. Si je ne rembourse pas ils vont me tuer, ils vont ramener mon corps au nigéria »

« Elle coupa de mes cheveux, de mes poils sous les aisselles, de mon pubis, elle préleva des ongles, du sang et de la salive et mon slip que je portais. »

N…, 31 ans -Juin 2017-

N… est née et grandi à Bénin City. Quand son père décide de la marier à la mort de sa mère, elle n’a que 13 ans. Une petite fille nait avant qu’elle n’atteigne 14 ans. A 15 ans elle fuit les violences de son mari avec sa fille.

« Personne ne s’est occupé de moi, je vivais dans la rue, parfois je dormais chez des amis. Cela a duré des années. Un jour, une femme m’a vu, elle m’a dit qu’elle pouvait me faire passer en Europe pour une vie meilleure. Je l’ai cru… Deux semaines à travers le désert dans des pickups bondés m’ont amenées en Libye. Quelqu’un m’y attendait et a organisé ma traversée. Je n’ai pas été maltraitée, peut-être parce que j’étais malade, d’autres l’ont été. A mon arrivée en France j’étais enceinte, ça n’a pas plu aux personnes qui m’attendaient. Ils m’ont donné des médicaments pour avorter. Seule, j’ai coupé le cordon avec mes mains. J’ai perdu beaucoup de sang, quelqu’un a appelé la Croix Rouge, ils m’ont sauvé la vie. Ensuite on m’a dit que je devais 40 000€ pour le voyage, que je devais les rembourser sinon on s’en prendrait à moi et ma famille. J’ai fait ce qu’on me demandait.”

Hier, N… a appris que son frère s’était noyé en méditerranée.

L’été dernier une sœur avait déjà subi le même sort.

Un autre témoignage complet : cliquez ici